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Trois visions du métier de vigneron selon les générations

Ils nous racontent...

Transmission, passion, style des vins, viticulture, environnement : le métier de vigneron évolue avec son temps et les générations se suivent sans toujours se ressembler. Entre convictions, espoirs et réalité, zoom sur trois générations de passionnés et leur vision du métier.

Théo Bonnard, Cave Peillot Famille et Associés

« J’ai 25 ans, j’ai grandi avec l’écologie et la nécessité d’un modèle agricole plus durable. Mon métier, je l’envisage à travers une meilleure prise en compte des besoins naturels de la vigne et du vin : moins d’intrants, réenherber les parcelles, laisser les vins s’exprimer. Pour faire tout cela, être à la fois à la vigne et à la cave, il faut une solide formation et de sincères convictions. Aujourd’hui le métier demande d’être agriculteur, technicien, gestionnaire, commercial, comptable, parler anglais. C’est 1000 casquettes à la fois. Quand on est seul l’hiver dans ses vignes, c’est loin d’être facile, mais ça m’apporte énormément en termes d’échanges et de partage avec mes confrères. Il y a une culture de l’entraide formidable en Bugey. Pour un jeune vigneron, cette émulation est stimulante. »

Pierre Dubreuil, Dubreuil et Fils

« Nous vivons notre métier à travers le prisme de la qualité et de l’environnement. Pour avoir du bon vin il faut de belles vignes. C’est ce qui nous pousse au quotidien, guide chacun de nos gestes et oriente nos décisions comme le choix de la certification HVE ou d’un outillage précis. Pour nous il s’agit avant tout d’être en accord avec nos valeurs. Car être vigneron aujourd’hui c’est aussi savoir en parler avec transparence, communiquer sur ce que l’on fait, expliquer la manière dont les saisons rythment notre travail. C’est un métier passion. Tout ce que nous faisons, nous l’envisageons par ce biais là et aussi dans l’objectif d’une transmission à nos enfants pour que l’aventure continue avec la prochaine génération. »

Charlin Patrick, Earl P. Charlin

« Je suis à la retraite, j’ai transmis mon exploitation il y a peu. Depuis mon installation dans les années 80, j’ai vu le métier de vigneron évoluer et c’est très bien. Le changement climatique et les prises de conscience en matière d’écologie ont rebattu les cartes. Notre génération s’était déjà affranchie des coutumes des ainés en privilégiant des modes de cultures plus respectueux, en expérimentant d’autres outils et méthodes de vinification. Vigneron n’est pas un métier facile, il faut être pragmatique pour en vivre, car la vigne ne fait pas de cadeau. Si vous prenez soin elle le rendra, si vous n’êtes pas là, elle le fera savoir. Mais si on le fait bien, c’est un métier passionnant que chaque génération sait réinterpréter avec ses propres valeurs. »